[Thèse] Prise en compte de la variabilité inter-juges de l’évaluation perceptive des troubles de la parole et de la voix et son intégration dans un système automatique d’aide à la décision.

[Thèse] Prise en compte de la variabilité inter-juges de l’évaluation perceptive des troubles de la parole et de la voix et son intégration dans un système automatique d’aide à la décision.


DISPONIBILITÉ

Immédiate

DURÉE

3+ Ans

RÉMUNÉRATION

Contrat doctoral

 

Résumé du sujet :

Bien que les modes de communication aient largement évolué depuis une vingtaine d’années avec l’ère du numérique, pouvant se substituer dans de nombreuses situations à la parole, celle-ci reste indispensable pour une bonne intégration dans notre société. Au vu de l’importance de la communication orale, perdre la parole ou le langage peut être ressenti comme une perte d’humanité. Par définition, les troubles de la communication englobent toute altération au niveau de la voix, de la parole, du langage et de l’audition nuisant à la communication.

Dans cette thèse, nous nous intéresserons aux troubles de la voix et de la parole qui peuvent être liés soit à des dommages de l’appareil phonatoire (dysphonie), soit à des atteintes neurologiques induisant des troubles moteurs (dysarthrie), ou encore à des dommages liés à une malformation ou à un cancer localisé au niveau de l’appareil de production de la parole.

Ces différentes pathologies peuvent amener une dégradation du fonctionnement de l’appareil de production de la parole, impactant de manière très variable la communication chez les patients atteints. Ces troubles de la communication peuvent avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie des patients, pouvant entraver leur vie quotidienne, leurs activités professionnelles, leurs relations sociales et familiales et engendrer d’autres maladies comme la dépression.

Améliorer la qualité de vie des patients est un objectif central du parcours de soin des personnes dans lequel le maintien de la communication orale est l’un des points à considérer par les cliniciens. Dans ce contexte, l’évaluation des troubles de la voix et de la parole et leur évolution longitudinale prend une place importante tant au moment du diagnostic que du choix de la prise en charge thérapeutique du patient (incluant la phase de rééducation) et dans son suivi.

L’évaluation perceptive, dite à l’ « oreille », des troubles de la parole et de la voix reste à l’heure actuelle la méthode la plus utilisée en pratique clinique, malgré son caractère très subjectif, variable et difficilement reproductible largement souligné dans la littérature.

Le LIA travaille depuis une quinzaine d’années sur les troubles de la voix et de la parole, et plus particulièrement sur la manière dont les outils de traitements automatiques peuvent aider les experts cliniciens dans leur analyse acoustico-phonétique du signal de parole et perceptive des productions des sujets (contrôles et patients). Ces travaux ont pour objectifs de mieux comprendre les dégradations inhérentes aux troubles et de fournir, in fine, des approches d’évaluation objectives de ces dégradations, utilisables en pratique clinique. Cette thèse s’inscrit dans la continuité de ces travaux et aborde la problématique de l’évaluation perceptive propre à ce contexte et de son implication dans le développement d’approches automatiques supervisées d’évaluation objective des troubles de la parole et de la voix.

Etant donné la subjectivité reconnue de l’évaluation perceptive, sa non-reproductibilité, les différences intra- et inter-juges potentiellement observées dans nos travaux mais également dans la litérature, peut-on utiliser ces mesures perceptives comme « Gold standard » que ce soit pour apprendre des modèles pour des tâches d’évaluation des troubles de la parole et pour l’évaluation de leur performance ?
En parallèle, il serait intéressant d’identifier sur quelles informations perceptives extraites des productions de parole, ces experts basent leurs évaluations ?  Est ce que ces informations perceptives sont similaires en terme qualitatif ? quantitatif ? Est-il possible de retrouver dans les productions de parole des « patrons d’altération » pouvant expliquer des comportements différents/convergents de chacun de ces experts ?

Sur la base de ces réponses, la question suivante à laquelle ces travaux devront s’attacher sera d’identifier comment prendre en compte cette variabilité, observée dans les évaluations perceptives produites par un jury d’experts, dans un système automatique amenant à une évaluation rapide, objective et explicable, utilisable en pratique clinique.

 
 

Informations complémentaires et candidature :